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Fusillade d'Aubagne: le plus jeune suspect passé à l'acte dans les dossiers antiterroristes
information fournie par AFP 15/10/2026 à 08:19

Le procureur national antiterroriste Olivier Christen à Marseille le 30 septembre 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )

Le procureur national antiterroriste Olivier Christen à Marseille le 30 septembre 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )

Le collégien de 14 ans qui a blessé par balles un principal et une enseignante à Aubagne (Bouches-du-Rhône) est "le plus jeune" mis en cause qui soit "passé à l'acte" dans les dossiers relevant de l'antiterrorisme, a indiqué jeudi Olivier Christen, procureur national antiterroriste.

Sur une période "très récente", "il y a eu six mineurs de 14 ans et moins de 14 ans qui ont été mis en cause dans des affaires de terrorisme", a rappelé Olivier Christen, à la tête du parquet national antiterroriste (Pnat) sur franceinfo.

"Le plus jeune avait 13 ans, c'était en 2025". "En revanche", le collégien-tireur d'Aubagne "est le plus jeune actuellement qui soit passé à l'acte".

Le mineur a été placé en détention provisoire mercredi soir conformément aux réquisitions du Pnat, qui s'est saisi du dossier en faisant pour la première fois le lien en France entre un passage à l'acte et une mouvance fascinée par les tueries de masse, la mouvance True Crime Community (TCC), phénomène né en Amérique du Nord.

"C'est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation, pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l'Union Européenne, parce qu'on la voit croître", commente Olivier Christen.

Cette menace "reste totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste": "la menace jihadiste représente à peu près 88% des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs", note le magistrat.

Olivier Christen, s'il relève parfois "des ponts" entre ces communautés de fans de tueries de masse et "les masculinistes" ou une "forme d'ultradroite radicale violente", insiste sur le fait qu'il s'agit "plutôt de segments idéologiques qui sont distincts les uns des autres".

Les communautés de fans de tueries de masse utilisent "à la fois les réseaux très grand public, type TikTok, Snapchat" et "des plus confidentiels comme Discord ou ProtonMail", selon le procureur national antiterroriste.

Comme pour "les radicalisations en ligne", il y a "souvent des vidéos qui sont d'abord d'un accès plus grand public" et "une fois que la personne est attrapée, qu'elle a été prise dans ce filet, elle va être orientée vers les chaînes qui sont cette fois-ci complètement fermées, ou très confidentielles, qui sont en général sur des réseaux plutôt type Telegram, des choses comme ça", a conclu Olivier Christen.

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